Chapitre 1 - début
Avec ces quelques lignes, découvrez la première page du roman "L'homme idéal s'appelle Paul".
Couverture du roman "l
" Je suis trop jeune pour mourir ! " pensa Victoria sous la douche.
La salle de bains bouillonnait d’une vapeur chaude et parfumée. Une véritable étuve ! Dans cette opacité légère, la jeune femme, ruisselante d’eau et de mousse, essayait de reprendre ses esprits. Des rêves désagréables avaient bousculé son sommeil, sa tête bourdonnait, un poids oppressait son cœur : elle avait mal dormi. Victoria n'avait pas le courage de se maquiller, de s’habiller et de partir travailler. Ah, rester sous la couette, une tasse de thé et une brioche à portée de main ! Et surtout, ne pas ouvrir cette lettre reçue la veille, cette lettre qui la terrifiait ! Elle se demanda où puiser l'énergie d'affronter la vérité. Comment trouver la force de combattre ?

Brusquement, Jérémy entra dans la pièce, ouvrit la fenêtre en pestant contre la chaleur, et lui désigna le carrelage inondé. Il ne pouvait pas se raser à cause de la buée qui couvrait le miroir.
" C’est lui qui me rase ! " pensa Victoria en augmentant l’eau chaude pour assouplir la raideur de sa colonne vertébrale. Néanmoins, après quelques ultimes jets brûlants, elle ferma le robinet, s’enveloppa dans une grande serviette noire, couleur de ses yeux, et sortit de la douche.

Jérémy avait déjà préparé son blaireau et son rasoir. Il trépignait devant le lavabo tel un enfant capricieux, et marchait dans la salle de bains en levant les pieds comme s’il portait des palmes pour bien dénoncer l’inondation provoquée par la jeune femme. " Il est ridicule ! ", pensa-t-elle en esquissant un sourire. Victoria l’observa un instant et son cœur cogna dans sa poitrine. Un grand coup ! Comme si un pieu la transperçait. Ce type avec lequel elle faisait l’amour, elle ne le reconnaissait plus. Les poils sur son torse lui parurent trop frisés, ses jambes lui semblaient trop courtes, ses pieds trop grands, et quand elle releva la tête, les yeux de Jérémy bouffis par le sommeil lui donnèrent la nausée. Depuis six mois qu’elle vivait avec cet homme, Victoria ne s’était jamais rendu compte qu’il manquait d'amabilité au réveil. Ces réflexions sur la buée, sur cette douche matinale si importante pour elle, sur le carrelage arrosé… étaient sans doute pour quelque chose dans cette nouvelle vision de l'homme qui partageait sa vie.
… Pour connaître la suite, vous pouvez télécharger le livre. Si vous avez lu ma pièce de théâtre "l'Escapade", au fil des pages de "l'homme idéal s'appelle Paul", vous aurez une belle surprise…!